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29 janvier 2013 - 09:37:16 spacer  
Costa-Gavras : cinéaste de toutes les libertés
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Konstantínos Gavrás, dit Costa-Gavras (sans prénom, donc) est une des figures de proue du cinéma. Un libre-penseur qui n’a jamais connu de frontières et qui a été de tous les combats contre les différentes oppressions qui salissent notre monde. Un cinéaste intraitable qui n’a jamais baissé les bras, ni les yeux. Un homme humble et ouvert, à l’écoute de tous.

Que les Magritte du Cinéma tiennent à lui rendre hommage cette année n’est que justice : Costa-Gavras mérite d’être honoré chez nous comme il mériterait de l’être partout. Ce citoyen du monde est un artiste d’exception. Un homme exceptionnel.
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Ses liens avec la Belgique remontent au milieu des années 2000. À l’époque, il a un peu de mal à boucler la production du Couperet, une fable politiquement incorrecte qui voit un pauvre type au chômage éliminer physiquement tous ceux qui se trouvent entre lui… et le job qu’il convoite.
On ne tue plus pour de l’argent, par amour, on exécute pour du boulot. C’est terriblement crétin, mais c’est aussi hyper symbolique de la société dans laquelle on vit.
Les frères Dardenne tombent immédiatement sous le charme de ce thriller social qui utilise les ressorts comiques pour faire grincer les dents et décident de coproduire l’œuvre qui sera donc en partie filmée chez nous avec les conséquences que l’on sait : Le Couperet est une petite perle de cynisme qui met le doigt là où ça fait très mal, sur le sens que certains voudraient aujourd’hui donner à notre vie.

Mais la carrière de Costa-Gavras ne se résume naturellement pas à cet uppercut dans les gencives du néo-libéralisme le plus primaire. Elle est au contraire parsemée d’œuvres majeures qui ont pour point commun la lutte contre toutes les dictatures: militaires, idéologiques, économiques : Z, l’Aveu et État de Siège balade Yves Montand, alter ego du réalisateur, de la Grèce des Colonels fascistes à l’Uruguay manipulé par les Etats-Unis en passant par la Tchécoslovaquie sous le joug soviétique. Nous sommes à la charnière des sixties et des seventies et la marque Costa Gavras est déjà claire.

Missing replonge dans les atroces dictatures d’Amérique du Sud, mais avec une production américaine, cette fois. Et un rôle absolument déchirant pour la délicieuse Sissy Spacek. Hanna K. aborde le conflit israélo-palestinien, Betrayed infiltre le Ku Klux Klan et Music Box avec une Jessica Lange inoubliable se focalise sur la chasse aux nazis. En 1997, Mad City, qui réunit John Travolta et Dustin Hoffman, règle son compte à l’information-spectacle et cinq ans plus tard, Amen dissèque les petites connivences entre le Vatican et les nazis, les grandes compromissions des responsables catholiques pendant la Deuxième Guerre.
Après Le Couperet, Costa-Gavras s’intéresse au phénomène de l’immigration clandestine avec Eden à l’Ouest, ponctuant (provisoirement) sa filmographie avec Le Capital qui ridiculise l’ultralibéralisme contemporain, la religion des années 2000.

Artiste d’exception, conscience du 7e art, réalisateur international au parcours unique, Costa-Gavras recevra donc le 2 février un Magritte d’honneur pour sa formidable carrière. La standing ovation qui l’accueillera ce soir-là sera sans doute d’une ampleur rarement entendue au Mont des Arts.
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