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Les Magritte du Cinéma
10e édition - 1er février 2020

04 février 2015 - 07:43:10

Je dirais même plus, monsieur Dupont

Ces dernières années, Charlie Dupont est devenu un des visages les plus représentatifs de la Belgitude délirante.
En France, il surfe même ces derniers mois sur une charliemania qu’il prend avec son habituel détachement ironique.
Ce jeune quadra à la moustache frémissante et à l’humour imprévisible se transformera samedi en MC, maître de cérémonie de la 5e édition des Magritte du Cinéma.
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Même si ça peut surprendre aujourd’hui, à 18 ans, au moment du grand choix, Charlie Dupont ne sait pas encore ce qu’il veut faire de sa vie.
Il est d’autant plus déboussolé qu’il vient de perdre un ami et qu’il se pose beaucoup de questions fondamentales.

Un de ses proches copains qui se destine au droit le persuade de l’accompagner. Élève plutôt doué, il se dit alors: pourquoi pas? Rétrospectivement, il s’en amuse: Ettore Scola, Oliver Hardy ou Kaflka ont aussi démarré ainsi dans l’existence.

"Tous les plus grands, donc", ricane-t-il.


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Après cinq années réussies "avec fruits et légumes" (et surtout une très belle distinction, appelez-le donc ’maître’), Charlie s’aperçoit hélas que la carrière qu’il s’apprête à embrasser ne l’attire pas vraiment. Mais nooon? Mais si !
Parallèlement il rejoint de petits spectacles théâtraux, oh rien de très professionnel, mais c’est là qu’il se découvre vraiment heureux.

Vers 21 ans, Michel de Launoit l’emmène à la ligue d’impro… pour jouer un match. Charlie n’a jamais participé à ce type de joutes, mais il passe une soirée d’enfer et pour lui: ce vertige de l’improvisation est une révélation. Les rencontres s’enchaînent et sa réputation enfle.


Passionné, Charlie foule aussi de plus en plus souvent les planches de théâtre et fréquente l’Académie qui lui donne les bases qui lui manquaient jusque-là.
Mais Charlie a un autre ami: le génial Manu Thoreau. Ensemble ils écrivent les deux one man shows de Manu qui passe aux yeux de beaucoup pour l’humoriste belge le plus doué de sa génération. Pour Charlie, le regarder à l’œuvre est à la fois source de plaisir et d’apprentissage.


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Le duo collaborera aussi sur les mythiques capsules "Faux contacts" (parodies hilarantes de l’émission Contacts de la RTBF) qui, quinze ans plus tard font toujours le délice de tous les amateurs d’humour frappadingue. On sait que l’aventure s’achèvera brutalement avec la mort tragique du faux flic le plus sublimement improbable du pays. Un choc dont tous ses proches, Charlie en tête, auront beaucoup de mal à se remettre.

En 2000, Charlie débute néanmoins au cinéma avec Mauvais genres de Francis Girod où il rencontre Richard Bohringer qui le prend sous son aile. Un autre Belge apparaît à l’affiche du film. Un certain Stéphane De Groodt.



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Rapidement, les racines du très belge Charlie, s’étendent à Paris: on le découvre dans la série Hard où il incarne un étalon espagnol à l’accent savoureux, puis il enchaîne dans un (tout) autre registre Seconde chance, 160 épisodes diffusés quotidiennement à la télé. Ce tournage qui dure un an et demi est une vraie expérience: Charlie y apprend la concentration, la vitesse d’exécution, la nécessité de trouver tout de suite le ton juste : pas question de jouer la diva dans ces conditions.



On le voit ensuite dans des films de télévision et dans un intrigant court métrage qu’il réalise lui-même (Pierre Papier Ciseaux). Au cinéma, il campe quelques personnages secondaires assez farfelus et se retrouve à l’affiche d’Il était une fois une fois où il hérite enfin d’un premier rôle dans une grosse comédie française. En Belgique, cette bombe hilarante où il croise le fer avec François-Xavier Demaison, Anne Marivin et Jean-Luc Couchard est un joli succès public qui le place définitivement sur l’échiquier médiaticomique.



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Charlie qui n’a pas sa langue en poche ni son énergie en berne, imagine alors Qui est Là une série de pastilles très drôles (plus c’est débile, plus c’est irrésistible) qui vont faire un carton sur l’Apple store et qu’on peut toujours voir aujourd’hui sur le net.

Avec Damien Gillard, il décline Les professionnels, autres capsules qui auront un succès assez incroyable en Belgique et en France où elles sont partagées par les médias les plus mainstream.

Il réalise ensuite un téléfilm pour Canal Plus France (l’île aux cons) et monte sur les planches avec sa douce moitié, Tania Garbarski.



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Leur premier rendez-vous au théâtre est Promenade de Santé, écrit par Nicolas Bedos qu’ils baladent sur les scènes belges avant de faire chavirer le festival d’Avignon off où ils attirent l’attention de la critique spécialisée hexagonale.

La deuxième étape est Tuyauterie, nouveau face à face sensuel, plus déjanté, que leur a ciselé Philippe Blasband (Magritte du meilleur scénario en 2014 pour Tango libre). C’est un joli succès salué avec enthousiasme par la presse belge.

Le couple est aussi réuni à l’affiche de Deux au carré, une comédie romantique qu’on verra en février au Festival international du film d’amour de Mons.


Le spectateur régulier des Magritte se souviendra qu’en 2013, Charlie Dupont, appelé à remettre deux prix techniques, s’était livré à une petite improvisation qui continue aujourd’hui encore, grâce à BeTV, de faire le tour du web. Une première apparition à Square qui augure d’une soirée explosive le 7 février. Charlie travaille depuis près de deux mois à cette présentation avec les plumes récurrentes des Magritte: Samuel Tilman et Thomas Gunzig.



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Leur ambition est triple: animer avec punch une cérémonie qui a besoin de peps, faire rire et, surtout, mettre en valeur les différents lauréats. À ce stade, on ignore bien sûr ce que seront les moments de bravoure de cette 5e édition, mais Charlie sait que la barre a été placée très haut par ses prédécesseurs.

Et s’il y a une chose dont personne ne doute, c’est que le Tournaisien-ucclois, qui a désormais ses habitudes à Paris où il vient de tourner la troisième saison de Hard, n’est pas du genre à se laisser impressionner par la complexité du challenge.

Au contraire…