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Les Magritte du Cinéma
10e édition - 1er février 2020

12 janvier 2020 - 09:11:17

Meilleur documentaire 2020: les nominations

4 films, 5 réalisatrices et de nombreuses femmes, actrices et autrices de ces documentaires forts et terriblement actuels qui interrogent le monde et la société, ses inégalités et ses injustices, qu’elles soient sociales, politiques ou culturelles, des mines d’or du Pérou aux vestiaires de la piscine municipale de la Place du Jeu de balles.


Dans Bains Publics, Kita Bauchet explore un lieu emblématique au coeur de Bruxelles, la piscine de la Place du Jeu de balles, où se croisent, au quotidien, des milliers de Bruxellois, dans toute leur diversité. Une juxtaposition de scènes tendres et pudiques, de la compétition de natation synchronisée aux utilisateurs des douches publiques, des dames âgées en plein exercice, aux jeunes enfants handicapés apprivoisant leur peur de l’eau. Bains Publics est produit par Altitude 100, récompensé il y a deux ans par le Magritte du Meilleur film pour Insyriated, et celui du Meilleur court métrage d’animation pour Le Lion et le Singe.



Oeuvre visuellement superbe - l’image est signée par la chef opératrice Virginie Surdej, primée en 2018 pour Insyriated, en lice cette année pour le Magritte de la Meilleure image pour Nuestras Madres -, oscillant aux frontières du documentaire et de la fiction, By the Name of Tania de Bénédicte Liénard et Mary Jimenez redonne une voix aux victimes inaudibles de la région des mines d’or au Pérou. C’est une troisième nomination dans la catégorie Meilleur documentaire pour Clin d’oeil films, après Waiting for August en 2015 et Manu l’année dernière.



Avec Mon nom est clitoris, Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet interrogent la sexualité des jeunes femmes dans tout ce qu’elle a de tabou, soulignant l’aspect politique, culturel et sociologique de cette ignorance. Un discours sur le sexe et la sexualité féminine souvent absent ou inaudible, qui permet de réaliser que depuis toujours, le corps des femmes est politique. Une façon aussi de repenser les inégalités systémiques au coeur du patriarcat, et d’oeuvrer pour une sexualité libre et épanouie. C’est Iota Production qui produit, société habituée de la catégorie, puisqu’elle a déjà remporté la statuette à deux reprises, en 2013 pour Le Thé ou l’électricité, et en 2018 pour Burning out.



Alexe Poukine s’attache avec Sans frapper à déconstruire les représentations que l’on se fait du viol et des violeurs, et transforme l’histoire d’un viol singulier en l’histoire d’une expérience collective des violences sexuelles induites par une société patriarcale qui tarde à s’interroger sur ce mal systémique. Le film est produit par le Centre Vidéo de Bruxelles, déjà nominé dans cette catégorie en 2013 pour Bons baisers de la colonie, et en 2017 pour La Terre Abandonnée.