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Les Magritte du Cinéma
12e édition - février 2023

24 janvier 2022 - 15:08:11

Meilleur court métrage documentaire 2022: les nominations

Les Magritte du Cinéma remettront pour la première fois cette année un Prix du Meilleur court métrage documentaire, à l’instar d’ailleurs des César, célébrant ainsi la vitalité du secteur, de la rencontre particulière entre le genre documentaire et le format court, une certaine légèreté et une économie au niveau du récit qui permet de laisser jaillir la créativité. Les quatre films en lice offrent des regards bien différents, dans des genres divergents, mais ont pour point commun une vraie liberté dans le choix du sujet et de son approche.
Que se passe-t-il lorsqu’un monde qui repose sur la circulation et les dispositifs logistiques qui le permettent s’arrête ? Que se passe-t-il lorsque l’on nous confisque la maladie et même la mort ? Intrigué par les implications du premier confinement et de la distanciation sociale, Jean-Benoît Ugeux a promené sa caméra dans une Belgique désertée. Belgium - 20 offre une succession de tableaux, natures devenues presque mortes au temps du Corona, crise sanitaire oblige. Jean-Benoît Ugeux, Bayard d’Or pour son court métrage La Musique, est également comédien, il a d’ailleurs remporté le Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle pour Le Fidèle. Le film est produit par sa société de production, Apoptose.

Juliette est une jeune plasticienne qui navigue entre Évreux, Paris et Marseille. D’espoirs en désillusions, de galères en fantasmes, elle nous emporte dans la traversée tonitruante de ses pensées et de sa vie d’artiste. Dans Juliette the Great, son deuxième court métrage documentaire, la cinéaste Alice Khol, également autrice et photographe, livre en quelque sorte un Portrait de l’artiste en jeune femme, explorant les joies et les doutes de son héroïne et modèle, qui se prête tantôt au jeu de mises en scènes étudiées, ou se laisse surprendre sur le vif. Le film est produit par Roue Libre, également en lice pour le Magritte du Meilleur premier film avec Fils de plouc.

Maîtresse de Linda Ibbari explore la relation qui unit 4 femmes et leur animal domestique. Le film explore le trouble et la confusion qui règnent dans ces histoires d’amour. Il se situe à l’endroit où cette confusion opère, sur cette frontière. Au plus près de leurs émotions, captant la fusion, observant l’intimité. Et soulevant, au détour d’un plan, confusion et questionnement: qui est l’humain, qui est l’animal? Le film est produit par les Ateliers de production Dérives, qui sont également à l’œuvre derrière Chasser les Dragons d’Alexandra Kandy Longuet, en lice pour le Magritte du Meilleur documentaire.


Autre type de portrait, enfin, avec Mother’s du jeune cinéaste Hippolyte Leibovici, le portrait d'une famille de Drag Queens bruxelloises de quatre « générations », dont on suit les confidences lors d'une soirée en loges. Au fur et à mesure que les traits masculins se féminisent sous plusieurs couches de maquillage et d’alcool, les cœurs s'ouvrent. Les sujets difficiles sont abordés (le suicide, le coming out ou l'amour maternel, par exemple), les blagues fusent et le choc générationnel s'invite dans la discussion, inévitable. Une discussion intime, sincère et généreuse sur l’acceptation de soi et la renaissance, à la conclusion flamboyante. Mother’s est produit par l’INSAS, il s’agit du film de fin d’études du réalisateur.