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Les Magritte du Cinéma
11e édition - 12 février 2022

12 février 2022 - 23:26:25

"Une vie démente" et "Un monde" grands vainqueurs des Magritte du Cinéma 2022

Une vie démente d’Ann Sirot et Raphaël Balboni et Un monde de Laura Wandel, deux premiers longs métrages puissants qui ont voyagé à travers le monde ces derniers mois, étaient au coude à coude concernant les nominations, avec respectivement 12 et 10 citations. Ils sont également au coude à coude en ce qui concerne le palmarès, avec 7 prix chacun!
On attendait beaucoup de cette 11e édition des Magritte du Cinéma, après une année d’abstinence forcée suite à la crise sanitaire. Avec un nombre record de 22 longs métrages de fiction majoritaires en lice pour les nominations, la compétition s’annonçait serrée.

Au terme d’une Cérémonie pleine d’émotion et de suspense, qui a vu se succéder sur scène les équipes d’Un monde et d’Une vie démente, c’est finalement Une vie démente, premier long métrage d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, qui a remporté le Magritte du Meilleur film. Une belle récompense pour un film surprenant, plein d’humour et de fantaisie, malgré un sujet potentiellement lourd et complexe. C’est une première pour les deux cinéastes, qui avaient déjà remporté le Magritte du Meilleur court métrage de fiction en 2018 pour Avec Thelma, et c’est une première pour Hélicotronc, et sa productrice Julie Esparbes, qui après avoir raflé pas moins de 6 Magritte du Meilleur court métrage de fiction (dont un cette année!) remporte son premier Magritte du Meilleur film.

Récompense suprême donc pour Une vie démente, et consécration pour Ann Sirot et Raphaël Balboni, qui remportent également le Magritte du Meilleur scénario. Le film récolte par ailleurs dans son escarcelle pas moins de 3 prix d’interprétation!

Ainsi le Magritte de la Meilleure actrice s’est vu décerner à l’exceptionnelle Jo Deseure, héroïne aussi vulnérable que flamboyante, galeriste confrontée à une maladie neuro-dégénérative qui lui fait perdre toutes inhibitions. Elle est accompagnée par son fils, Alex, qui alors qu’il aimerait bien avoir un enfant, se retrouve devenir parent… de sa mère. Jean Le Peltier, dont c’est le premier grand rôle au cinéma, a remporté le Magritte du Meilleur acteur pour cette magnifique prestation. On retiendra également le beau Magritte du Meilleur acteur dans un second rôle remporté par Gilles Remiche.

La direction artistique du film a également été saluée, puisque le Magritte des Meilleurs décors a été remis à Lisa Etienne, et celui des Meilleurs costumes à Frédérick Denis.

L’autre grand gagnant, ou plutôt l’autre grand gagnante de la soirée est Laura Wandel et son premier long métrage, Un monde. Après une prestigieuse sélection en juillet dernier au Festival de Cannes dans la section Un certain regard, et après avoir été choisi pour représenter la Belgique aux Oscars, et avoir intégré les finalistes, Un monde, produit par Stéphane Lhoest pour Dragons Films , remportait ce soir le Magritte du Meilleur premier film, tandis que Laura Wandel remportait celui de la Meilleure réalisation!

Des prix extrêmement encourageants, d’autant qu’ils sont complétés par 5 autres prix! Un monde s’est également vu attribuer le Magritte du Meilleur montage, remis à Nicolas Rumpl, ainsi que celui du Meilleur son, remis à Mathieu Cox, Corinne Dubien, Thomas Grimm-Landsberg et David Vranken.

Le film comptabilise également 3 prix d’interprétation. Ses deux jeunes comédiens, Maya Vanderbeque et Günter Duret, ont reçu les Magritte du Meilleur espoir féminin et masculin, tandis que la comédienne flamande Laura Verlinden, nominée il y a quelques années pour Le Tout Nouveau Testament, a reçu celui de la Meilleure actrice dans un second rôle.

Notons que face à ce double plébiscite, un autre film tire son épingle du jeu. Titane, la Palme d’Or de Julia Ducournau, coproducteur en Belgique par Jean-Yves Roubin et Cassandre Warnauts pour Frakas Productions, est reparti avec le Magritte du Meilleur film étranger en coproduction, et de la Meilleure image pour Ruben Impens.

Le Magritte de la Meilleure musique originale quant à lui est venu récompenser la fructueuse collaboration qui unit le cinéaste Fabrice Du Welz et le compositeur Vincent Cahay, pour Adoration.

La Compétition était également très serrée pour le Magritte du Meilleur documentaire. C’est finalement Petit Samedi, premier long métrage de la jeune cinéaste belge Paloma Sermon-Daï, produit par Michigan Films, et découvert au Festival de Berlin, qui l’a emporté.

Le Magritte du Meilleur film flamand quant à lui a été remis à La Civil, premier long métrage de fiction de Teodora Ana Mihai, lui aussi remarqué à Cannes dans la section Un certain regard, dont il a reçu le Prix de l’audace, produit par Hans Everaert (Menuetto) et coproduit par Delphine Tomson, Jean-Pierre et Luc Dardenne (Les Films du fleuve). C’est le 6e Magritte remporté par Les Films du Fleuve, et le deuxième dans cette catégorie après celui gagné pour Marina en 2015.

Côté court métrage, comme évoqué plus haut, Xavier Seron a reçu sa déjà troisième statuette, après L’Ours Noir et Le Plombier, pour Sprötch, coproduit par Hélicotronc et Angie Productions. Hippolyte Leibovici s’est vu remettre le tout premier Magritte du Meilleur court métrage documentaire pour son film Mother’s (INSAS), tandis que Lia Bertels a reçu celui du Meilleur court métrage d’animation pour On est pas près d’être des super héros (Ambiances asbl).

Enfin, le Magritte d’honneur a été remis à titre posthume à la regrettée cinéaste belge Marion Hänsel. Un grand moment d’émotion.

Le palmarès en détail

MEILLEUR FILM

Une vie démente d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, produit par Julie Esparbes (Hélicotronc)

MEILLEUR PREMIER FILM

Un monde de Laura Wandel, produit par Stéphane Lhoest pour (Dragons Films)

MAGRITTE DE LA MEILLEURE RÉALISATION

Laura Wandel pour Un monde

MEILLEUR FILM FLAMAND

La Civil de Teodora Ana Mihai, produit par Hans Everaert (Menuetto) et coproduit par Delphine Tomson, Jean-Pierre et Luc Dardenne (Les Films du fleuve)

MEILLEUR FILM ETRANGER EN COPRODUCTION

Titane de Julia Ducournau produit par Jean-Yves Roubin et Cassandre Warnauts pour (Frakas Productions)

MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL OU ADAPTATION

Ann Sirot et Raphaël Balboni pour Une vie démente

MEILLEURE ACTRICE

Jo Deseure pour Une vie démente

MEILLEUR ACTEUR

Jean Le Peltier pour Une vie démente

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE

Laura Verlinden pour Un monde

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE

Gilles Remiche pour Une vie démente

MEILLEUR ESPOIR FEMININ

Maya Vanderbeque pour Un monde

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

Günter Duret pour Un monde

MEILLEURE IMAGE

Ruben Impens pour Titane

MEILLEUR SON

Mathieu Cox, Corinne Dubien, Thomas Grimm-Landsberg, David Vranken pour Un monde

MEILLEURS DECORS

Lisa Etienne pour Une vie démente

MEILLEURS COSTUMES

Frédérick Denis pour Une vie démente

MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

Vincent Cahay pour Adoration

MEILLEUR MONTAGE

Nicolas Rumpl pour Un monde

MEILLEUR COURT METRAGE DE FICTION

Sprötch de Xavier Seron, produit par Guillaume Kerbusch et Laura Petrone (Angie Productions) et Julie Esparbes (Hélicotronc)

MEILLEUR COURT METRAGE D’ANIMATION

On est pas près d’être des super héros de Lia Bertels, produit par Thierry Zamparutti (Ambiances asbl)

MEILLEUR COURT METRAGE DOCUMENTAIRE

Mother’s d’Hippolyte Leibovici, produit par Laurent Gross (INSAS)

MEILLEUR DOCUMENTAIRE

Petit Samedi de Paloma Sermon-Daï, produit par Sébastien Andres et Alice Lemaire (Michigan Films)

MAGRITTE D’HONNEUR

Marion Hänsel